FREE, LA 3G ET HADOPI
FREE, LA 3G ET HADOPI
Techniques SPIP

Vous trouverez ici des trucs et astuces destinés aux développeurs de sites sous SPIP.

La majorité de ces trucs est consacrée aux filtres graphiques introduits dans SPIP 1.9. Il y a là en effet un vaste champ d’expérimentation pour les webmestres et les graphistes.

Chaque truc est suivi d’un forum auquel nous vous invitons à participer.

N.B. La présence de ces trucs et astuces sur notre site professionnel est destinée à faire connaître notre activité de création de sites sous SPIP. Vous pouvez librement utiliser les morceaux de code fournis ici dans vos propres squelettes. Vous pouvez reprendre ces exemples sur votre site ou dans les forums d’un autre site ; dans ce cas, nous vous demandons simplement d’avoir la courtoisie de référencer la page d’où est tiré le code repris.

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Hier je publiais ici un billet concernant Hapodi. Rebondissant sur un article contant les déboires de Free pour obtenir la quatrième licence 3G, j’argumentais sur l’idée que le but de Hadopi était, avant tout, de glacer les hotspots Wifi partagés par les usagers, hotspots qui concurrencent plus qu’efficacement la 3G (dont le seul avenir viable, en l’absence de « killer application » sur téléphone portable, est le développement du transport de données informatiques).

Pour résumer à l’extrême :
— la 3G (ou UMTS au début de ce siècle) représente des enjeux économiques sans commune mesure avec l’économie de la musique (plus de 20 milliards d’euros d’investissements depuis 2000, un chiffre d’affaire de la téléphonie mobile représentant plus de 1% du PIB français),
— mais depuis que ces investissements (de licences et d’infrastructures) ont été lancés, une autre solution technique au transport de données informatiques depuis n’importe où s’est développée de manière fulgurante : le partage de connexions Wifi,
— avec le développement de ce partage de connexions Wifi (Neuf, Fon, notamment), l’intérêt de la 3G pour le transport de données informatiques devient très relatif. Pourquoi irais-je prendre un abonnement alors que j’ai déjà des accès Wifi partout en ville ?

Je suggérais d’ailleurs que Free, espérant obtenir cette quatrième licence 3G, n’avait certainement pas sorti d’offre similaire à celle de Neuf pour ne pas se faire de concurrence sur ce marché.

On retombe quasiment sur la vieille opposition entre l’accès télécom centralisé (j’appelle aux États-Unis sur ma propre ligne, pour des coûts délirants) et la logique de réseau décentralisé (je partage toutes les lignes de l’internet avec tout les utilisateurs, et je me connecte sur les États-Unis pour un coût dérisoire).

Le but réel de Hadopi, à mon avis : rendre extrêment périlleux le partage de connexion Wifi (c’est votre IP qui est utilisée), le défaut de sécurisation puni par Hadopi étant quasi obligé si vous partagez votre connexion.

Et voilà justement que tombe ceci :

Free ouvre le plus grand réseau wifi communautaire au monde avec 3 millions de hotspots wifi

Free ouvre le plus grand réseau wifi communautaire au monde à travers son parc de Freebox ADSL v5 avec 3 millions de points d’accès (hotspots) wifi.

Ce service permet ainsi à tous les abonnés ADSL dégroupés de profiter d’un accès internet gratuit (inclus dans leur forfait ADSL) à travers ces points d’accès dans les zones dégroupées.

Ce réseau est distinct du réseau privé wifi des abonnés Free. A la différence d’autres initiatives, FreeWifi est entièrement sécurisé, chaque Freenaute se connectant au réseau Wifi communautaire via une IP propre (et non l’adresse IP de la Freebox sur laquelle il se connecte). L’accès sécurisé à FreeWifi se fait par le biais d’une authentification sur une interface web : http://wifi.free.fr .

Ce service permet ainsi aux Freenautes de bénéficier d’une connexion à internet lors de leurs déplacements hors de leur domicile, sur leurs lieux de vacances par exemple.

Service proposé en béta test et soumis à conditions, accessible sous réserve de se situer dans une zone couverte par le service.
En cas d’interruption de leur accès ADSL, les Freenautes auront, grâce à ce nouveau service, une connexion internet de secours.
Niveau d’émission du wifi < 0.5V/m à 0.5m. Les Freenautes qui le souhaitent peuvent éteindre le module wifi depuis leur console de gestion.

Cette annonce ne me semble pas du tout incompatible avec ce que je racontais. Au contraire.

Free n’aura pas sa licence 3G, et peut donc lancer sa propre solution de partage de connexion Wifi, sans risquer de se faire concurrence.

Le point qui risque d’être discuté, en revanche, c’est l’impact que cette offre aura sur l’efficacité de la « riposte graduée » de Hadopi. Je ne prétends pas répondre réellement à la question, d’autant que la solution de Free n’est pas encore bien connue, mais voici quelques points de réflexion.

Avant tout, comme le souligne un de mes amis, Free et Xavier Niels vont encore se poser en chevaliers blancs de la liberté d’expression. Ce qui est évidemment rigolo. M’enfin bref.

La particularité de l’offre de Free par rapport à celle de Neuf et au système de Fon, c’est que le hotspot Wifi utilise ici une deuxième adresse IP. Et c’est là que le travail de la Hadopi pourrait se compliquer.

Il convient d’insister sur ce point : Hadopi ne s’attaque pas directement à celui qui télécharge des fichiers protégés. Hadopi vous reproche le défaut de sécurisation de votre connexion internet.

La personne titulaire de l’accès à des services de communication au public en ligne a l’obligation de veiller à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’œuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires des droits prévus aux livres Ier et II lorsqu’elle est requise.

Maître Eolas :

Or le simple constat qu’une atteinte à une œuvre protégée a eu lieu depuis son abonnement démontre que cette obligation n’a pas été respectée, ce qui constitue la faute. CQFD.

Peu importe que le titulaire de l’abonnement ne soit pas le contrefacteur. On ne l’accuse pas de contrefaçon. Il est juste fautif de non surveillance de son accès internet. Présomption d’innocence, prohibition de la responsabilité pénale du fait d’autrui, dites-vous ? Mais les seules sanctions (que j’examinerai plus loin avec la procédure) seront purement civiles, les règles (protectrices) du droit pénal ne s’appliquent pas.

Je peste souvent contre le législateur, mais je dois rendre hommage à son génie dès lors qu’il s’agit de porter atteinte aux libertés de ceux qui l’ont élu.

Bref, si votre hotspot Wifi est ouvert librement, c’est pour votre pomme (je ne connais aucun moyen au niveau de l’usager d’éviter que ces connexions accèdent à certains contenus). Si votre hotspot utilise Neuf ou Fon, certes la personne qui s’est connectée pourrait être identifiée, mais la procédure de la Hadopi n’évoque pas l’identification de la personne qui télécharge, simplement le titulaire de la connexion. Avec la procédure expéditive de la Hadopi, cette situation est très peu claire. Et l’effet psychologique devrait donc glacer le propriétaire du hotspot.

La solution de la deuxième IP, à mon avis, devrait avoir un effet extrêmement rassurant pour le propriétaire du boitier Wifi (qui, lui, n’a évidemment rien à se reprocher...).

Il faudrait cependant que Free soit beaucoup plus clair sur ce point. Sa formulation « et non l’adresse IP de la Freebox sur laquelle il se connecte » devrait être clarifiée. Si la Hadopi repère l’adresse IP du hotspot, est-ce que Free peut garantir qu’il ne communiquera pas le nom de l’abonné à la Freebox attenante, et répondra : « ah ben non, ça fait partie du réseau spécifique dont seul Free a la gestion ».

Auquel cas Free prendrait la responsabilité des éventuels « défauts de sécurisation » des 3 millions de hotspots wifi ouverts chez ses abonnés. Et dans ce cas, Free mettra-t-il en place des mesures techniques pour interdire que ces hotspots soient utilisés pour accéder à des fichiers protégés par le droit d’auteur ? C’est-à-dire un filtrage du réseau.

Ça, c’est du côté du titulaire du boîtier ADSL.

Certains messages de forums suggèrent déjà que, en se connectant uniquement via ces hotspots, « on » pourra télécharger les vous-savez-quoi en toute tranquilité.

Évidemment, « en toute tranquilité », certainement pas : l’accès à ces hotspots se fait après introduction des codes d’accès de l’abonné Free, donc vous êtes toujours identifié. Mais la question pourrait dès lors se compliquer pour Hadopi.

L’adresse IP d’un hotspot arrive chez Hadopi. Direction le fournisseur d’accès de cette IP. Compliquons un peu, puisqu’il s’agit d’un hotspot Wifi : au même moment d’autres utilisateurs sont également connectés à la même borne.

Qui doit être considéré comme responsable civilement du « défaut de sécurisation » d’une borne ? Free peut bien entendu épelucher ses logs et retrouver l’auteur du téléchargement, mais là n’est pas, explicitement, l’objet de la loi. L’auteur du téléchargement peut se voir reprocher la contrefaçon, mais difficilement le « défaut de sécurisation » d’une borne qui ne lui appartient pas et qu’il n’a aucun moyen de « sécuriser ».

Hadopi ne peut pas, me semble-t-il, prendre de mesures à l’encore d’un individu accusé de contrefaçon. La loi ne dit pas cela, d’autant que la contrefaçon, ça n’est pas puni par une « riposte graduée », mais par la case justice, 300000 euros d’amende et trois ans de prison. Ça n’est pas la même procédure, pas le même tarif, et ça ne s’expédie pas en quelques minutes avec un logiciel informatique.

Y a-t-il un artifice contractuel possible pour rendre responsable de « défaut de sécurisation » (donc passible d’une « riposte graduée ») l’utilisateur d’un hotspot Wifi ?

Enfin, que signifie la phrase : « En cas d’interruption de leur accès ADSL, les Freenautes auront, grâce à ce nouveau service, une connexion internet de secours. » ? À mon avis, on risque de sur-interpréter cette petite phrase... On peut imaginer ceci : Hadopi vous reprochant le défaut de sécurisation de « votre » connexion à l’internet, votre propre boîtier ADSL se voit interdit de connexion par Hadopi ; mais alors le système de Hotspot vous permet de continuer à vous connecter chez Free, au motif que ça n’est plus vous qui êtes responsable de ces hotspots. Personnellement, je n’irais pas parier bien cher sur cette hypothèse.

L’adresse IP séparée devrait avoir un effet psychologique très rassurant quant aux risques encourus par les possesseurs des hotspots par rapport aux offres précédentes, car il me semble difficile alors très difficile de se voir reprocher le fameux « défaut de sécurisation » de cette deuxième adresse IP (mais pas impossible).

En tout cas, pour revenir au sujet de mon précédent billet : cette nouvelle offre, qui s’ajoute aux offres de Neuf et de Fon, va encore réduire l’intérêt pour la 3G et ses petites clés colorées.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
Vince (warthoggv68 chez hotmail.com)

Ca risque surtout d’être comique avec la multiplication des "faux portails" pour capter les identifiants free, et ensuite les utiliser à de mauvaises fins sans pour autant être inquiété outre mesure...en ayant un ordinateur portable itinérant, avec l’IP attribuée aux identifiants d’un individu lambda freenaute, la Hadoepi n’ira pas plus loin que ça, si bien sûr il n’y a pas le problème de non-sécurisation soulevé au dessus.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi

À propos de connexion internet de secours, ça me rappelle la bonne vieille connexion « bas-débit » (RTC avec un modem V90).

Et ça me fais me rappeler que Hadopi repose sur le fait, ou l’idée que les utilisateurs n’utiliseraient uniquement que des forfaits pour la connexion à Internet.

C’est-à-dire qu’ils payent pour un mois la même somme, et ce, quelque soit la durée ou le volume. Et s’il y avait un retour massif à la tarification à la consommation (durée ou volume)… là, ça serait très délicat. Si Hadopi coupe : il n’y a plus de consommation, et donc il n’y a plus de revenus pour le FAI !

Il n’y a pas de solution… à moins de faire payer la même somme que le mois précédent, ou une moyenne… mais ça, ça va être beaucoup plus difficile à justifier !

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
Tisane (ideophage chez laposte.net)

Vous avez tout à fait raison. Ce qu’on voit se dérouler sous nos yeux c’est la tranformation de Free en opérateur de téléphonie/internet mobile par technologie Wifi. Remplacer relais UMTS/HSDPA par Point accés Wifi ouvert et vous avez le bon vieux maillage cellulaire des opérateurs de télephonie. Couplé à l’IPv6 et vous avez sensiblement les mêmes possibilités que le roaming GSM.

Cela dit il n’est pas impossible que l’ARCEP (autorité de régulation de telecom) ponde une petite réglementation qui interdirait ce type d’arrosage dans une bande du spectre électromagnétique qui était censé être public et peu occupé. A suivre...

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi

Oui, et puis IPv6 ! Pourquoi est-ce que ça traîne autant ? C’est peut-être totalement parano, mais ma crainte, c’est que les FAI se mettent à faire de la « traduction d’adresses » (NAT).

Si les FAI, ou n’importe qui d’autre, voulaient rendre (encore) plus difficile techniquement les échanges, faciliter la communication dans un seul sens uniquement (un client - un serveur), faire des utilisateurs de simples consommateurs… ça serait une magnifique occasion, pour eux !

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi

Je ne pense pas qu’il y ait un quelconque problème vis à vis d’Hadopi.

Mr UnPirate, abonné chez Free, utilise une borne Wifi de chez Mr Untel depuis un bar. Hadopi reçoit la plainte des ayants-le-droit-de-dénoncer, demande à Iliad(Free) le nom de propriétéaire de l’IP Hotspot en question tel jour à telle heure, et Free répond : Mr Unpirate, tel adresse. Et c’est ainsi que MrUnpirate pourra se faire couper sa connexion de chez lui alors qu’il a piraté depuis une autre connexion (qu’il n’avait pas sécurisé contre le piratage).

Là où ça va se corser, c’est que la lutte contre le phising va être à peu près impossible. N’importe qui va pouvoir capter des identifiants Free et les utiliser en hotSpot. Free ne sera pas responsable (il est victime du phising et de la « bêtise » de l’abonné incapable de reconnaitre le faux du vrai), et les avertissements/coupures pour des abonnés n’ayant rien fait vont se multiplier.

La différence avec les téléphones portables ? le téléphone s’identifie sur le réseau avec la carte SIM, ce n’est pas le cas d’un ordinateur lors d’une connexion Wifi qui n’utilise que des identifiant/mot de passe.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

Mr UnPirate, abonné chez Free, utilise une borne Wifi de chez Mr Untel depuis un bar. Hadopi reçoit la plainte des ayants-le-droit-de-dénoncer, demande à Iliad(Free) le nom de propriétéaire de l’IP Hotspot en question tel jour à telle heure, et Free répond : Mr Unpirate, tel adresse.

Si trois personnes se connectent au même hotspot en même temps, il y a 3 personnes qui ont la même IP. Il faut donc se lancer dans une véritable « enquête » (épelucher les logs de connexion) pour savoir qui est la personne qui télécharge (et quoi), ce qui n’est théoriquement pas du tout le propos de Hadopi.

Il est parfaitement possible que Free se plie avec facilité à ce rôle de flic. Mais il est aussi possible qu’il refuse de croiser le IP et les logs sans requête de la justice. Parce que le rôle de Hadopi n’est pas explicitement de trouver ceux qui téléchargent vraiment, mais ceux qui n’ont pas bien sécurisé leur connexion.

Cela dit, mon propos principal n’est pas la protection des pirates. Mon propos est que (suivant mon billet précédent) le but de Hadopi, c’est de contrecarrer le développement des hotspots partagés, qui sont une concurrence bien plus phénoménale pour la 3G qu’une hypothétique 4e licence attribuée à Free. Et que la solution Free, avec sa deuxième IP, pourrait permettre de maintenir ouvert son hotspot Wifi sans se faire reprocher par les expéditifs d’Hadopi ce qui transite dessus. En tout cas, d’un point de vue psychologique, ça me semble beaucoup plus rassurant.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
bohwaz

Des précisions de Xavier Niel :

http://www.mail-archive.com/frnog@f...

> 1. L’adresse ip attribuée par session FreeWiFi est dynamique (fonction du point de connexion) ?

oui, fonction de la session,

> 2. En cas d’injonction de coupure de l’accès internet d’un abonné Free émanant du Ministère de la culture, l’accès FreeWifi de cette personne sera coupé également ?

...

— 

Et pour le fun, un message de Rani Assaf à propos du FTTH (et peut-être de la 3G ?) : http://www.mail-archive.com/frnog@f...

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
yves

ARNO*, je ne comprends pas la chose comme vous. Numerama cite le communiqué de Free (que je n’ai pas vérifié) : FreeWifi est entièrement sécurisé, chaque Freenaute se connectant au réseau Wifi communautaire via une IP propre (et non l’adresse IP de la Freebox sur laquelle il se connecte)

Pour moi cela veut dire qu’il n’y a pas une IP par Hotspot, mais qu’une IP dynamique est attribué à chaque internaute qui se connecte via une HotSpot. Autrement dit trois personnes sur le même HotSpot auront trois IP dynamiques différentes, Free pourra donc facilement associer le couple (IP, date et heure) avec un abonné particulier, comme pour les abonnés qui ne sont pas en IP fixe.

Comme vous dites (et je vous trouve très pertinent), c’est très malin de la part de Free, parce que comme ça donne des HotSpot parfaitement Hadopi-compatible (sauf vol d’identifiant) ça peut plomber efficacement la rentabilité de la 3G, et sans risquer une interdiction pour incompatibilité avec Hadœpi.

Par rapport aux mouchards, Hadœpi risque d’exiger que dans ce cas,ils soient dans le portable (et donc apparaissent dans la base avec l’IP dynamique) pour accepter la protection. Mouchard à la maison, piratage en HotSpot risque de ne pas marcher plus facilement. Mais ça pose un problème de vie privée de plus, puisque ça va offrir le moyen aux ayant droits de lister les connections hors domicile, et peut-être même de pister les déplacements.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

#Yves : votre hypothèse semble confirmé par le message reproduit par bohwaz : IP fonction de la session.

C’est une question que je posais dans mon billet :

Y a-t-il un artifice contractuel possible pour rendre responsable de « défaut de sécurisation » (donc passible d’une « riposte graduée ») l’utilisateur d’un hotspot Wifi ?

Il me semble effectivement qu’on s’oriente vers une solution telle que vous l’indiquez : si on demande à Free, le « propriétaire » de l’IP à tel moment, c’est celui qui se connecte et qui s’est fait repérer.

Mais ça ne me semble toujours pas totalement satisfaisant pour autant : la base d’Hadopi, c’est toujours le défaut de sécurisation. Et on peut le tourner dans tous les sens, je ne vois pas comment on peut transférer la responsabilité de la sécurisation d’un hotpost à l’utilisateur qui se connecte dessus.

Par ailleurs, quand je vais sur wifi.freu.fr, ça me propose de me connecter, je ne vois aucune mention selon laquelle je deviens responsable de la sécurisation de ce hotspot. À la première connexion, lorsqu’il me demande de choisir mon mot de passe, je n’ai pas vu non plus que ça m’engageais à grand chose (genre renouvemment des CGV pour vingt ans que je devrais aller lire ailleurs sur leur site). À quel moment ai-je été informé que je devenais responsable de la sécurisation d’une hotspot dont je ne sais même pas où il est installé ni avec quel mot de passe je pourrais le configurer ?

Vraiment, je n’ai pas d’opinion tranchée sur ce principe de transfert de responsabilité (et, encore une fois, le sujet principal de mon billet, c’est l’idée qu’avec ça, on a comme tu le dis des Hotspots « Hadopi-compatibles »).

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

Je me réponds, vu qu’il est tôt...

La question ici est de savoir comment interpréter :

La personne titulaire de l’accès à des services de communication au public en ligne...

Considérer par exemple que la personne qui se connecte à un hotspot Wifi devient la personne « titulaire de l’accès ». Être « titulaire de l’accès » devient alors une notion abstraite et dématérialisée (le fait de se connecter), et non plus le fait d’être celui qui dispose physiquement d’un boîtier et a souscrit à un abonnement à un « accès internet ».

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
klint (klint chez free.fr)

@Arno en quoi le propriétaire du hot spot deviendrait-il responsable de la sécurisation du hotspot ? A partir du moment ou l’abonné accepte que sa freebox serve de hotspot, il n’a AUCUN pouvoir sur ce hotspot, sur le traffic qui y passe, il ne peut techniquement rien faire, de toute façon. Donc aucune responsabilité. Celui qui a une responsabilité, c’est l’abonné itinérant qui doit protéger ses identifiants, et Free qui doit mettre en place une solution assez sécurisée pour que l’accès à un hotspot permette de tracer sans ambiguité quel abonné Free s’y connecte (qui n’est pas le propriétaire du hotspot). Tout ca me parait très intelligent, et hadopi-compatible.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

@Klint : sur ce point, comme dans mon message précédent, la question, c’est de savoir ce qu’on considère comme « la personne titulaire de l’accès ».

Je te concède qu’il ne semble pas logique dans la pratique de vouloir me faire endosser la responsabilité de l’usage qui est fait de cette seconde adresse IP qui part de mon boitier. Mais... (et dans mon article, je pose la question en exposant des possibilités)

Dans le monde physique, je suis bien le titulaire du boitier Wifi physique et de l’abonnement Free qui permettent l’accès au réseau. Donc il n’est pas totalement impossible de me considérer comme le titulaire de cet accès et responsable du défaut de sécurisation.

De plus, c’est de la responsabilité civile (il suffit d’un préjudice, pas d’une faute intentionnelle, pour engager sa responsabilité). Si on part vers les extrémistes de la chaîne de responsabilité, après tout : puisque si je coupe mon boiter chez moi, ou que je désactive sa fonction Wifi, je fais cesser le préjudice causé aux ayant-droits, c’est bien qu’en choississant de laisser ma connexion Wifi ouverte, je contribue à ce préjudice.

Or la loi Hadopi, c’est explicitement que je suis censé veiller à ce qu’on n’utilise pas mes moyens de connexion pour assassiner Pierre Arditi.

Et je ne suis pas, que je sache, protégé par la LCEN en tant que FAI quand je laisse mon boîtier Wifi ouvert.

Que la solution de la seconde IP soit une façon très rassurante d’ouvrir sa connexion ne garantit pas dans l’absolu qu’on ne me considère pas, cependant, comme « titulaire de l’accès » qui a permis le préjudice des ayant-droits. Certes peu probable, mais pas impossible. Ne pas oublier que la chaîne de responsabilité permet aux neuneus qui font nos lois de revenir régulièrement avec l’envie de transformer en censeur tous les intermédiaires de la chaîne.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi

J’étais en train de me dire « attendons qu’Hadopi existe, et voyons les premiers cas pour parler, plutôt que de parler de choses qui n’existe pas encore » … bref, avoir des cas concrets pour avoir des précisions.

Mais si justement, le but, c’était de ne pas être précis, détaillé, etc. exprès.

Si, le but, c’était justement d’être flou pour pouvoir faire ce qu’ils veulent, avoir le champ libre ?

Et cela, en faisant porter le chapeau au prestataire technique si ça tourne mal…

On cherche des détails, des clarifications, etc. alors qu’ils n’ont peut-être pas envie d’en donner (pour pouvoir faire ce qu’il veulent).

En fait, c’est encore pire vu comme cela !

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

le but, c’était de ne pas être précis

Mes questions me semblent plus concerner le contrat de Free, et comment ils entendent répondre aux injonctions de Hadopi. D’un côté on a Hadopi qui expédie les décisions en quelques secondes, de l’autre le brave neuneu qui a une connexion Wifi, et le seul qui prend une vague décision « réfléchie » entre les deux, c’est Free et sa deuxième IP mystère.

Et je n’ai pas de raison de croire a priori que Free va faire les choses forcément à mon avantage.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
bohwaz

Pour la précision, la connexion d’une personne via FreeWifi ne sort pas directement de la box utilisée, mais utilise un tunnel jusqu’aux serveurs de Free, d’où elle sort avec une IP dynamique (enfin à priori pas si dynamique que ça, mais peut-être parce qu’il y a pour le moment plus d’IP disponibles que d’abonnés, Free ayant dédié 4 millions d’IP au service).

Plusieurs choses qui découlent de ce choix de tunnel. D’abord c’est que la responsabilité du titulaire de la ligne ADSL n’est pas responsable de ce qu’il se passe, car la box ne lui appartient pas, c’est un terminal réseau appartenant à Free, et ce qui passe dans sa ligne ADSL n’est pas contrôlable étant donné le tunnel entre la box et Free. Donc à mon avis jamais ô grand jamais tu ne peux être inquiété pour ce qu’il se passe sur ton hotspot (sauf si c’est toi qui l’utilise forcément).

En second, avantage technique, le tunnel permet à Free d’offrir une "vraie" connexion à Internet et non comme sur Neuf d’ouvrir seulement quelques ports. Un autre avantage technique pour Free c’est que pour faire la QoS, grâce au tunnel (qui est un "flux" à part) ils peuvent agir au niveau du DSLAM, directement en ATM pour limiter le débit, et toujours garantir une priorité haute à leurs autres flux en ATM (téléphone, puis TV, puis internet, puis hotspot).

Quand aux implications légales, je pense que ça met HADOPI devant un réel dilemne, qu’il va être difficile de trancher, entre essayer de condamner l’utilisateur connecté au hotspot (alors que la connexion n’est pas à lui, ni au titulaire de la ligne adsl, mais à free) ou essayer de condamner free, ça me semble être un bel imbroglio (mais je pense que c’était voulu).

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
ARNO* (arno chez rezo.net)

@bohwaz : merci, c’est très intéressant.

Cependant :

Quand aux implications légales, je pense que ça met HADOPI devant un réel dilemne, qu’il va être difficile de trancher, entre essayer de condamner l’utilisateur connecté au hotspot (alors que la connexion n’est pas à lui, ni au titulaire de la ligne adsl, mais à free) ou essayer de condamner free, ça me semble être un bel imbroglio (mais je pense que c’était voulu).

Toujours cette même question. On peut partir sur une logique technique, que j’évoque également (en termes moins précis que toi), et considérer que l’utilisateur n’est pas, de ce fait, le « titulaire de l’accès » (c’est le terme dans la loi), puisque physiquement, là, rien ne lui appartient. Et Hadopi est face à un dilemne, que j’évoque également.

Mais on peut tout aussi bien partir sur l’interprétation selon laquelle « titulaire de l’accès » est pris dans un sens plus virtuel : du simple fait que je me connecte à ce hotspot avec mes identifiants, on décide que je suis, pendant mon temps de connexion, le « titulaire de l’accès » (même si cet accès dure 5 minutes). C’est ce que je veux dire par « artifice contractuel » : c’est du droit civil, le contrat y est une notion importante.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
klint (klint chez free.fr)

Il semble qu’il va falloir séparer les choses :
- je suis le titulaire de mon accès à internet auprès de Free, quelle que soit la méthode d’accès au réseau de Free (par ma propre freebox, non, d’ailleurs, elle ne m’est pas propre, elle est bien propriété de Free, ou bien par la Freebox d’un autre, en tant que Hotspot). L’important c’est que je sois identifié lors de tout accès au réseau de Free, quel que soit le moyen

- Free me fournit une infrastructure à laquelle je me connecte, par un moyen ou un autre (en direct chez moi ou par un hotspot) et par laquelle j’ai ACCES... le tout restant bien sa propriété. Je dirais que même la bande passante de la Freebox reste la propriété de Free, depuis le début dans le contrat il est précisé que Free peut l’utiliser à autre chose, il me semble.

C’est vrai que de titulaire de la ligne de suis devenu "titulaire de l’accès" ! Et ca, pour Hadopi, ce n’était peut être pas prévu :)

Sauf qu’en fait, si, Hadopi a tout prévu :( car le contrevenant que nous sommes est appelé un "abonné" à un "accès à des services de communication au public en ligne". Pas un "titulaire de la ligne". Et il ne dit pas (enfin, j’ai pas tout lu, c’est du PDF dans lequelle la recherche ne marche pas !!!!) que cet accès passe par une ligne téléphonique ou des télégraphes Chappe ! Il faut juste une notion d’"abonnement" à cet accès. Et la sanction, c’est la suppression de l’"accès" de l’abonné.

J’ai donc l’impression que FreeWifi ne met pas tant que ca Hadopi devant un dilemne, non ? Mais bon, je n’ai pas lu *tout* le texte et je me trompe peut etre.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
klint (klint chez free.fr)

Juste pour ajouter que dans la loi il me semble qu’on parle d’abonné à un service et pas de titulaire de quoi que ce soit... cela dématérialise encore plus la chose et sépare l’accès en tant que service du MOYEN physique utilisé, non ?

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
klint (klint chez free.fr)

Et pour finir la petite phrase "« En cas d’interruption de leur accès ADSL, les Freenautes auront, grâce à ce nouveau service, une connexion internet de secours. » n’a probablement rien à voir avec hadopi. Une pelleteuse de Orange écrase ma ligne Free, eh bien ce n’est pas grave, en attendant la réparation je me connecte en FreeWifi chez mon voisin.

Par contre, si hadopi me coupe, il me coupe l’accès par tous les canaux, y compris le hotspot de mon voisin (de même que si on n’active pas son wifi, on ne peut pas profiter de celui des autres).

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
SD

La personne titulaire de l’accès à des services de communication au public en ligne a l’obligation de veiller à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins

C’est très clair : le titulaire de l’accès est celui bénéficiant d’un identifiant de connexion et donc d’une authentification et d’une IP associée :

- que l’authentification soit transparente par la Freebox (cas d’un accès à la maison où c’est la Freebox via son @MAC et probablement un certificat qui gère l’authentification)
- ou bien que l’identification soit faite par l’abonné via un login/mot de passe HTTPS à chaque session (cas de l’accès HotSpot FreeWifi).

L’identité du titulaire est donc bien sans aucun doute possible garantie par l’authentification Free, qui ramène donc, quel soit le lieu de connexion (maison ou HotSpot), à une IP attribuée à un seul abonné, responsable de cette IP (que Free saura associer à un et un seul abonné) et de toute utilisation pouvant en être faite.

Seul problème hypothétique durant la session Wifi HotSpot qui elle n’est pas cryptée (contrairement à l’authentification) : le "vol" de session, retirant de fait au titulaire tout moyen de sécuriser son "accès" durant la session (seul problème vis-à-vis d’Hadopi pour l’instant).

Problème ne se posant pas actuellement sur un accès "maison" en Wifi si sécurisé en WPA avec mot de passe non trivial (personne n’ayant réussi à ce jour à se connecter à un réseau WPA - fut-il TKIP - hors attaque par dictionnaire).

Mais Free peut très bien une fois Hadopi appliquée basculer d’un HotSpot ouvert à un WiFi sécurisé par clé/certificat individuels (WPA2+Radius par exemple ?) ce qui résoudrait le problème car la session serait inviolable.

Mai 2009
Free, la 3G et Hadopi
bohwaz

Pour les certificats WPA c’est ce qui est prévu pour plus tard, pour ceusses qui aiment pas les wifi ouverts (d’après Rani Assaf), comme c’est déjà le cas sur Freephonie actuellement.

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